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Visite de sites miniers et d’orpaillage

Article de presse du quotidien en ligne "Lefasonet"

jeudi 3 novembre 2011, par Service Communication

Taparko : Des dispositions de bonne cohabitation entre SOMITA SA et les populations locales

jeudi 13 octobre 2011

A Yalgo, commune rurale du Centre Nord du Burkina, beaucoup d’eau a coulé, sous le pont de la Société des Mines de Taparko (SOMITA) et des habitants, depuis le démarrage en novembre 2007 de l’exploitation minière à nos jours. Et dans le bon sens. Car, les rapports qu’entretiennent, présentement, ces acteurs de la cité aurifère sont empreints de franchise, de considération et de respect mutuels.

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En tout cas, c’est ce qui nous a été donné de constater le mardi dernier, lors de la visite de terrain organisée par le Comité de pilotage de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries extractives du Burkina Faso (ITIE-BF) ; en collaboration avec le Secrétariat permanent de l’ITIE-BF et l’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (ORCADE), structure représentant les acteurs de la société civile au sein de l’ITIE-BF.

Ainsi, des échanges en tout premier lieu avec les habitants et les responsables locaux, l’on note que des efforts en matière d’investissements sont faits en direction des populations de Taparko par SOMITA SA. La compagnie minière a par exemple appuyé la commune dans des séances de reboisement. Elle a contribué à la normalisation de l’école primaire avec la construction de trois classes supplémentaires. En outre, elle a construit la salle d’hospitalisation du CSPS de la localité. Par ailleurs, la commune de Yalgo a perçu, au titre des taxes, 43 millions de francs CFA pour les trois années 2009, 2010 et 2011. Les populations n’ont pas parlé de problèmes de pollution liés à l’utilisation des produits chimiques à cause de la mise en place sur le site du bac résidus.

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Hormis les taxes, les autres questions évoquées par les populations ont été plus tard confirmées au cours de la visite sur le site minier par le directeur de l’entretien de l’exploitation de SOMITA SA, Alain Nadeau, entourés de ses principaux collaborateurs. Cette quasi-concordance des propos de l’un et l’autre acteur traduit quelque part l’existence de dispositions de bonne cohabitation. Cependant l’harmonie n’est pas encore parfaite à Yalgo, avec des points d’insatisfaction de part et d’autre. Les populations disent que SOMITA SA ne respecte pas tout à fait ses engagements en matière d’emploi des jeunes de la localité et que le pompage de l’eau du barrage par la compagnie ne leur permet pas d’avoir assez d’or bleu pour faire des cultures de contre-saison. De même, elles ne comprennent pas pourquoi le montant des taxes perçues est passé de 20 millions en 2010 à 3 millions en 2011.

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A écouter les responsables de SOMITA, d’énormes efforts sont faits pour favoriser l’emploi des jeunes de Yalgo et des localités environnantes avec souvent des formations pour accroître leur employabilité. Et le directeur des Ressources humaines, M. Bocoum, de tirer la sonnette d’alarme sur la nécessité de ne pas trop souvent insister sur la question de l’emploi des natifs car cela peut favoriser des tensions inutiles entre les populations locales et les travailleurs issus des autres localités, alors qu’ils sont tous du même pays. Sur la question du pompage de l’eau du barrage de Yalgo, Alain Nadeau affirme que sa société est un projet qui va permettre de minimiser les risques de ses prélèvements pendant les cinq mois de saison pluvieuse.

Ce projet, selon les explications de M. Nadeau, vise à stocker le surplus d’eau du barrage pendant les crues de sorte que les prélèvements de la compagnie n’aient plus d’incidences sur les besoins d’eau des populations locales. Et d’inviter celles-ci à s’organiser pour mieux favoriser la collaboration. « Avant nous avions voulu entrer en conflit ouvert avec la compagnie. On nous a conseillés et depuis nous préférons le dialogue. A cet effet, un cadre de dialogue a été mis en place depuis l’année passée mais, malheureusement, il ne fonctionne pas encore », a fait remarquer plus tôt un habitant de Taparko.

Au vu des bonnes dispositions d’esprit actuelles, les difficultés soulevées ça et là peuvent être surmontées dans le cadre du renforcement du dialogue et de la concertation. Surtout que le climat social est nettement meilleur à ce qui prévalait en tout début d’exploitation de la mine où l’on a même enregistré une marche (en 2008) des populations contre SOMITA SA. Justement, c’était l’objectif de la présente visite, à savoir encourager les acteurs locaux à se parler davantage, à toujours privilégier le dialogue dans leurs rapports afin que la mine de Taparko soit véritablement facteur de développement partagé et de paix. Et l’objectif, à écouter différents acteurs de la rencontre a été globalement atteint. « C’est intéressant ce que nous avons vu et entendu ici sur le site, même si on aurait pu nous expliquer davantage comment se passent les choses », note Etienne Zoungrana du REN-LAC.

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« Pour nous, la visite est encourageante car elle va dans le sens du renforcement de nos relations avec SOMITA », indique de maire de Taparko, Hamidou Yaméogo. Même réaction positive chez Alain Nadeau, directeur de l’entretien et de l’exploitation de la compagnie minière qui s’est félicité, lui aussi, de l’initiative du Comité de pilotage de l’ITIE-BF, car sa société, dira-t-il, n’a rien à cacher. « Je suis totalement satisfait », renchérira pour sa part Sibsaga Ouédraogo de l’ORCADE. Quant à Valleur Sébastien de l’Ambassade de France, il dit noter « l’esprit positif » à Taparko.

Pour rappel, Taparko, qui marque le renouveau de l’industrie minière aurifère moderne du Burkina avec plus de 200 milliards d’investissement, est la première importante mine d’or exploitée commercialement après celle de Poura fermée en 1999. La première coulée d’or de la mine a eu lieu le 17 juillet 2007. Actuellement l’exploration se poursuit sur le site.

Grégoire B. BAZIE

Ph. Bonaventure PARE